
Pensées intrusives en islam : pourquoi lutter contre sa tête aggrave le waswas
Ce que la psychologie et les savants expliquent — et que beaucoup ignorent
Plus tu t’efforces de faire taire ces pensées, plus elles prennent de place.
Tu argumentes intérieurement. Tu te rassures. Tu te répètes que “ce n’est rien”. Et pourtant… elles reviennent.
Ce mécanisme déroute beaucoup de femmes musulmanes. Parce qu’il donne l’impression que la foi ne suffit plus, ou pire : que quelque chose ne va pas spirituellement.
En réalité, ce cercle est connu — par les savants et par les neurosciences.
👀 Pssst — moi c’est Najiba, psy musulmane diplômée (Master 2 en psychologie), formée aux approches cognitives, émotionnelles et à la psychologie islamique. J’accompagne les femmes musulmanes en consultation en ligne pour comprendre, démêler et apaiser ce qui se vit intérieurement.
Le piège invisible : vouloir contrôler ce qui ne dépend pas de toi
Les waswas sont des pensées intrusives. Elles ne sont ni choisies, ni recherchées.
Pourtant, face à elles, beaucoup adoptent un réflexe naturel :
- 👀 le contrôle mental.
- répondre à la pensée,
- la contredire,
- se justifier intérieurement,
- vérifier si l’on croit vraiment ce qu’elle dit.
🔍 Problème : le cerveau renforce ce à quoi il accorde de l’attention. Plus une pensée est surveillée, plus elle devient “importante” aux yeux du système nerveux.
Là où la psychologie occidentale aide… et là où elle atteint ses limites
Ce que la psychologie explique clairement aujourd’hui
En psychologie cognitive, ce phénomène est bien documenté :
- tenter de supprimer une pensée intrusive
- augmente sa fréquence
- et son intensité émotionnelle.
C’est ce qu’on appelle l’effet rebond. Plus le cerveau perçoit une pensée comme dangereuse, plus il la ramène… pour vérifier.
👀 Autrement dit : ce n’est pas la pensée qui pose problème, c’est la peur qu’elle déclenche.
Ce que l’islam a enseigné bien avant les neurosciences
Le Prophète ﷺ a posé un principe fondamental :
« Allah a pardonné à ma communauté ce que leurs âmes leur suggèrent, tant qu’ils ne le mettent pas en acte ni ne le prononcent. »
(Rapporté par al-Bukhârî et Muslim)
🔍 La pensée imposée n’engage pas la responsabilité.
Les savants ont été très clairs sur ce point. Ibn Taymiyya expliquait que : le combat intérieur contre les waswas est une épreuve du croyant, et non un signe de corruption du cœur.
Ibn al-Qayyim, dans Ighâthat al-Lahfân, décrit comment :
- les insufflations deviennent nuisibles
- non par leur présence
- mais par l’attention excessive qu’on leur accorde.
Les savants ne demandent ni d’analyser, ni de répondre, ni de lutter mentalement.
Ils enseignent :
- l’ignorance volontaire,
- le retour à l’acte,
-et la non-dramatisation.
Pourquoi cette sagesse est difficile à appliquer aujourd’hui
Le problème n’est pas la règle. C’est le terrain.
Chez beaucoup de femmes :
- le système nerveux est déjà saturé,
- l’anxiété est installée,
- la culpabilité religieuse est forte.
Résultat :
- ignorer la pensée semble impossible,
- ne pas répondre crée une angoisse intense,
- la foi devient associée à la peur.
🔍 C’est ici que le travail psychologique devient nécessaire, non pour remplacer la foi, mais pour rendre possible son application sereine.
Waswas et anxiété : un cercle qui se nourrit
Très souvent :
- l’anxiété alimente les waswas,
- les waswas renforcent l’anxiété.
Le cerveau cherche de la certitude. La foi appelle à la confiance. Entre les deux, la personne s’épuise.
🔍 Tant que ce mécanisme n’est pas compris, les conseils restent théoriques… et la souffrance continue.
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Ce que fait un accompagnement sérieux (et ce qu’il évite)
Un accompagnement rigoureux :
- ne moralise pas,
- ne dramatise pas,
- ne conclut pas hâtivement au spirituel.
Il aide à :
- comprendre le fonctionnement des pensées,
- désamorcer la peur associée,
- restaurer un rapport apaisé à la foi,
- et, lorsque c’est pertinent, intégrer des moyens complémentaires issus de la médecine prophétique (notamment certaines plantes connues pour apaiser le système nerveux).
Toujours en complément, jamais en substitution.
Quand il devient important de se faire accompagner
Un accompagnement devient pertinent lorsque :
- les pensées prennent toute la place,
- la prière devient source de tension,
- la culpabilité ne lâche plus,
- tu n’arrives plus à distinguer foi, peur et pensée.
👀 Consulter n’est pas un aveu de faiblesse. C’est refuser de rester seule dans un mécanisme épuisant.